24 avril 2006

Réalité brésiliennne ou comment acheter au quotidien

Anecdote : Muni de mon habituel courage et de mon portugais balbutiant, je continue mon apprentissage de la culture brésilienne au fil des jours auprès des commerçants et artisans locaux.

Si vous venez au Brésil et que vous avez quelques menus achats courants à effectuer dans la bourgade ou mégalopole dans laquelle vous serez installé, le commerçant verra arriver à lui un franchouillard balbutiant pour une quelconque emplette bref un touriste ou client de passage, il essaiera de comprendre ce que vous voulez, dira toujours qu’il peut vous procurer telle ou telle chose ou service (quitte à faire appel à un collègue) viendront ensuite les discussions sur les prix. Au gré de ses petites discussions on vous demandera par politesse de quel pays vous venez, puis plus judicieusement depuis combien de temps vous êtes au Brésil,

Dans notre cas je précise toujours également pour combien de temps nous sommes installés et invariablement je vois le petit papier sur lequel m’allait être donné le prix crayonné et redonné ; tout aussi invariablement le prix a changé, non ! Mauvaise langue il a été modifié à la baisse.

Pas fou ils savent soigner un client potentiel pour qu’il revienne ! Ce en quoi bien des commerçants et artisans français devraient prendre exemple ( j’ai subi plus de tentative d’arnaque en France qu’au Brésil)

Ici plus qu’ailleurs on discute toujours les prix, les femmes surtout, modérément si elles comptent revenir s’approvisionner chez ce même commerçant, franchement et farouchement dans le cas contraire..

Pour quasiment tous les produits ou services, vous rencontrerez deux prix, l’un a vista c’est à dire si vous payez comptant et tout de suite et un autre si vous payez par parcelle ou par carte de crédit.

Certains produits de valeurs notamment l’électroménager peuvent être acquis en 20 ou trente parcelles voir plus.

Quelques fois vous pouvez également trouver des prix « a vista » avec paiement en dix fois sans intérêts.

Dans chaque magasin, vous serez immanquablement abordé par une pléiade de vendeurs, chaque vendeur n’étant payé qu’a la commission, il vous fera l’article et si vous n’achetez pas tout de suite il vous remettra sa carte de visite. Prenez-la et n’hésitez pas à vous en servir lors de la visite d’un magasin concurrent ou le même ultérieurement en indiquant alors que son porteur vous a proposé de meilleures conditions.

Attention il faut avoir du temps, car le ballet des allers retours du vendeur entre vous, son chef, ses collègues, toujours calculette à la main risque de durer un certain temps mais c’est une chorégraphie qui vaut parfois son pesant d’or.

Il faut également garder à l’esprit que le niveau de protection du consommateur brésilien étant ce qu’il est : c’est à dire balbutiant, les prix bas cachent souvent des produits de piètre qualité, préférez un produit à l’origine plus cher quitte à en discuter le prix que toute autre alternative.

Soyez également intransigeant sur la livraison, vérifier que le produit est livré dans son emballage d’origine, déballez-le devant les livreurs et n’hésitez pas à le renvoyer si vous constatez quoique se soit (les Brésiliens sont les rois du réemballage de produit d’occasions ou d’exposition)

Pourquoi ?
Le Brésilien vit à crédit et lorsqu’il ne peut plus payer, il ramène le produit en magasin et ce dernier le remet en vente comme neuf si ce dernier n’est pas endommagé. Et le tout sans vergogne!

Les retards (deuxième sport national) de livraison
On s’en amuse toujours au Brésil, et au début on s’en irrite souvent.
C’est presque une question culturelle, à croire que le sport national ce n’est pas le football mais mettre un point d’honneur à être en retard a un rendez-vous, une réunion.

Donc pas de surprise lorsque la livraison prend un peu ou beaucoup de retard, (la notion de retard, vous l’aurez compris, est, elle aussi, des plus élastiques) néanmoins faites clairement indiquer une date de livraison vous verrez pourquoi par la suite.

Aussi, ne réglez jamais la totalité à la commande et ce quels que soient le produit et la valeur du produit acheté.

Enfin, retarder le délai de paiement d’autant que le retard de livraison, vous verrez qu’ensuite les livraisons sont quasiment à date convenue. (Le Brésilien a en ce domaine une formidable capacité d’apprentissage)

Les commerçants et artisans ici comme partout dans le monde sont un peu filous, c’est le jeu !

Une anecdote pour finir : Désireux d’acheter un vélo pour le fiston grandissant de la maison et sur les conseils d’un ami commerçant brésilien, nous nous rendîmes un jour chez son frère, vendeur de vélos de son état, notre choix arrêté, nous entreprîmes de vouloir payer notre nouvelle acquisition, le patron de son état nous signala qu’il n’acceptait que les chèques de personnes de sa connaissance et donc respectables à ses yeux. Venant sur recommandation de son frère, il nous fit accompagner, par sa bru, chez celui-ci malheureusement absent. Aussi refusa t-il de nous vendre le dit vélo.

Outré par un tel traitement, nous apprîmes par la suite que ce roi du vélo n’était autre que le plus important usurier, receleur et filou de la ville, voleur de son état, il avait simplement poussé la connaissance de son milieu jusqu'à se méfier des honnêtes gens. Nos amis brésiliens bien embarrassés s’étant empressés d’ajouter : « Eh! c’est le Brésil »

2 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Un blog bien sympatique et souvent dépaysant!
Un grand bonjour depuis l'Espagne

Nicolas et Nora

6:03 AM  
Anonymous Anonyme said...

Marchander, au début on aime, et puis avec les années... on se fatigue!

6:21 PM  

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